Textes bibliques :
Is 8, 23b – 9, 3
Ps 26 (27), 1, 4abcd, 13-14
1 Co 1, 10-13.17
Mt 4, 12-23
Cher frères et soeurs bien-aimés, rendons grâce pour ces textes qui nous sont donnés aujourd’hui à méditer, alors que se termine la visite pastorale de notre évêque Grégoire. Au fil de ses rencontres, publiques ou particulières, nous avons été nombreux à lui faire part de nos inquiétudes sur l’avenir de nos paroisses et plus largement de l’Église de France. En effet nombre d’entre-nous, nés au siècle dernier, on connu une Église plus florissante. On ne manquait alors pas encore de prêtres, les bancs de nos églises étaient largement occupés, la parole de l’Église était encore audible et on ne connaissait pas de difficultés financières. Evidemment le constat de nos misères d’aujourd’hui n’invite pas immédiatement à se réjouir. Pourtant il nous faut nous souvenir qu’il y a quelques jours seulement, le saint père clôturait le jubilé de l’Espérance ouvert par le défunt pape François à la veille de Noël 2024. Dans sa bulle d’indiction intitulée « SPES NON CONFUDIT » (c.a.d. l’espérance ne déçoit pas), François commençait par ses simples mots : « À tous ceux qui lisent cette lettre, que l’Espérance remplisse vos coeurs ».
C’est bien ce qui nous est donné aujourd’hui à entendre : « Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » C’est précisément, me semble t-il, cette conviction que partageait avec nous Mg CADOR samedi matin devant les acteurs pastoraux disant : « Je sens frémir un nouveau départ, nous avons toucher le fond, nous ne pouvons maintenez que rebondir ». Il y là une véritable profession de Foi. Il n’y a dans ces mots aucune recette miracle, aucune solution concrète à nos problèmes, juste une confiance inaltérable en Dieu. Frères et soeurs, désespérer serait remettre en cause la parole de Dieu, ne cherchons pas à construire l’Église d’aujourd’hui sans Lui: « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes. » nous dit le psalmiste (Ps 126, 1). C’est notre chemin de croix, les tribulations et les souffrances font partie de la vie de celui qui proclame l’Évangile dans le monde, à temps et à contre-temps. C’est l’expérience qu’on fait avant nous tous les hérauts de l’Évangile, parfois jusqu’au martyr. Pourtant nous sommes appelés à persévérer, car au fond de nous qui avons été baptisés, l’Esprit Saint ne cesse de chuchoter que par le Christ Jésus nous sommes déjà vainqueur, nous laissant ainsi entrevoir la lumière à laquelle nous sommes appelés. Écoutons saint Paul : « lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. » (Rm 5, 2-5). Bien sûr nous pouvons nous sentir parfois accablés, en ce monde où règne la culture du résultat, la culture de l’immédiateté. Pourtant vous le savez bien, le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. En ce monde de l’instantané, nous devons réapprendre la vertu de la patience. C’est une invitation à la fidélité, dans la confiance.
En janvier prochain sera créée notre nouvelle paroisse, n’ayons pas peur de nous réinventer, oublions nos guerres de clochers, ne cherchons pas à sauvegarder ce qui ne tient plus. Une seule chose est importante la mission à laquelle Jésus ne cesse de nous appeler en vertu de notre baptême, le reste nous sera donner de surcroît. Frères et soeurs bien-aimés, la seule chose que nous ayons à faire est à entendre de la bouche de Jésus : proclamer la bonne nouvelle : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » (Mt 28, 19-20a) et aimer notre prochain « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.» (Jn 13, 34-35).
Je vous le concède, nous ne verrons peut-être pas les fruits de notre travail sur cette terre, mais forts de cette lumière qui est venue toucher nos coeurs et assurés que le Christ est déjà vainqueur, nous pouvons travailler en paix et nous mettre à l’école de Syméon : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc 2, 29-32)
Gloire au père, et au Fils, et au Saint Esprit.