Homélie pour la messe du 6ème Dimanche du tps ordinaire, Dimanche 15 Février 2026

Homélie pour la messe du

6ème Dimanche du tps ordinaire année A

Dimanche 15 Février 2026

Frères et sœurs,

Dans un monde bouleversé en quête de repères et de bonheurs, on pourrait être tenté pour conduire sa vie de rechercher des principes, des règles, des recettes, un programme de vie tout préparé. Dans la vie de nos sociétés, des principes de vivre ensemble se sont élaborés pour permettre aux individus d’évoluer dans la concorde et le respect de chacun.

Mais nos vies et l’exercice de notre liberté se limitent-ils au seul respect des commandements, au seul respect du permis et du défendu ?

Dans l’Evangile de ce Dimanche, nous trouvons quelques réponses à ces questions.

Dans son Discours sur la montagne, Jésus prononce cette parole : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. »

Quand Jésus dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Mt. 5, 17), Il ne révoque pas la loi donnée à Moïse ; Il la porte à sa perfection et à sa plénitude.

Jésus donne l’interprétation définitive à cette loi. Il la place sous la lumière du commandement nouveau, celui de la charité, ce « lien de la perfection » (Col. 3, 14) qui est en même temps le fondement de toutes les vertus.

 Jésus désapprouve clairement certaines traditions humaines. Dans l’évangile de Marc, il dira : « Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes » (Mc 7,8). Il dit aux pharisiens qu’ils « annulent ainsi la parole de Dieu par la tradition, qu’ils ont établie » (Mc 7,13). Face à la sagesse divine et au commandement de la charité, la manière de penser des « sages » de ce monde est dérisoire.

Jésus reproche aux pharisiens d’avoir surchargé le peuple de normes et de règles qui ne viennent pas de Dieu, d’avoir oublié la miséricorde et, pour finir, de ne pas accomplir ce qu’ils enseignent. En dictant des lois purement humaines, les Pharisiens usurpent la chaire de Moïse et même quand ils enseignent ce qui vient de Dieu, Jésus nous dit de ne pas suivre leur exemple.

Dans le passage de ce Dimanche, Jésus va passer successivement tous les points de la Loi en revue pour les mener jusqu’à la perfection.

Le respect de la vie, l’interdiction de donner la mort doit nous conduire à la bienveillance, au respect mutuel.

Si nous voulons que l’offrande de notre prière soit reçue de Dieu, nous devons laisser au pied de l’autel, nos divisions et vivre la réconciliation.

Pour entrer dans le Royaume des Cieux, il ne suffit pas de respecter les commandements mais il faut marcher sur le chemin de la perfection de l’amour. « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » dira Jésus aux disciples.

Jésus intègre donc la Loi mais il la dépasse pour aller plus loin. Il nous invite à quitter la sphère du permis et du défendu pour comprendre notre liberté en terme de perception du bien et du mal.

C’est dans la conversion que nous pouvons véritablement discerner le bien et le mal, et choisir la vie. Dans notre monde qui court souvent à sa perte, devant les soifs de pouvoir, de consommation et de matérialisme, les disciples-missionnaires doivent choisir la Vie, et discerner le chemin du Royaume des Cieux.

Ce que Jésus nous propose ce n’est pas de vivre la Loi et les commandements de manière allégée sans exigences : ce que Jésus propose c’est d’exercer notre vraie liberté en discernant, et ce discernement, il conduit à ne pas rester dans la tiédeur, entre deux eaux. Car demeurer dans la tiédeur, c’est parfois vivre une forme de compromission avec l’esprit du monde.

Jésus nous dit dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Que votre parole soit « oui », si c’est « oui », « non », si c’est « non ». Ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Cette parole est très éclairante : « ce qui est en plus vient du Mauvais. » Dieu n’est pas du côté de la complexité, Dieu aime la simplicité et la clarté.

Jésus nous invite à la prudence dans les décisions que nous avons à prendre dans nos vies. Et il nous appelle surtout à la fidélité dans nos décisions. Les disciples-missionnaires ne sont pas des girouettes qui tournent au gré des vents, une fois « oui », une fois « non ». Si parfois, le doute nous assaille, si la réponse n’est pas claire, mieux vaut prendre le temps de la prière, demander des conseils et laisser venir à nous la lumière. C’est bien dans la lumière du Seigneur qu’on trouve la vérité.

La deuxième lecture nous invite à contempler la Sagesse de Dieu : « Frères, c’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et vont à leur destruction. Au contraire ce dont nous parlons, c’est de la Sagesse du mystère de Dieu. » Saint Paul nous fait saisir qu’en Jésus Christ, mort et ressuscité, nous contemplons la Sagesse de Dieu. En nous donnant son Fils, Dieu nous a ouvert le chemin de la sagesse et du salut pour notre monde.

Ce chemin de la Sagesse nous est ouvert librement. Par notre baptême, nous y marchons déjà et nous suivons Jésus, dans son œuvre d’amour pour le monde.

Demandons à Dieu le Père, cette grâce d’une vraie fidélité dans la suite de Jésus. Qu’en toute confiance, nous puissions nous laisser transformer de l’intérieur par le Christ.

En ce Dimanche, il vient rejoindre chacun de nous, dans le mystère de son corps donné et livré pour nous.

Amen.

Père Fabien Le Cam, curé des paroisses de Torigni et Tessy.+