Homélie pour la messe du 19ème Dimanche tps ordinaire
Dimanche 10 août 2025.
Frères et sœurs, nous sommes au cœur de l’été et nous poursuivons notre route avec le Christ. Nous voulons nous mettre à l’écoute de son enseignement. Dimanche dernier, la Parole de Dieu nous invitait à poursuivre notre quête de Dieu, en nous tournant vers les réalités d’en haut : « Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ. » Dans la Parabole concernant le partage de l’héritage, Jésus nous invitait à devenir riche en vue de Dieu.
Dans l’Evangile de ce Dimanche, Jésus poursuit son enseignement et commence par ces mots : « Sois sans crainte, petit troupeau, votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » « Sois sans crainte », ces mots ont retenti lors de l’annonciation dans le cœur de Marie… Dieu dit à chacun de nous : sois sans peur, sois sans crainte, garde confiance. C’est bien dans l’amour, dans la paix et non dans la crainte, que Dieu se donne à connaître. La peur n’est pas le fruit de l’Esprit. Devant les évènements qui traversent nos vies, devant les soucis du quotidien, nous devons remettre nos vies dans les mains du Père qui nous donne part à la vie du Royaume. Nous avons célébré la semaine dernière la mémoire du Saint Curé d’Ars, Saint Jean-Marie Vianney. Nous nous souvenons de ces belles paroles que le Saint Curé donna à un jeune berger, prénommé Antoine lors de son arrivée dans sa nouvelle paroisse : « Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du ciel. »[1] Suivre le chemin du ciel, telle a été la mission du curé d’Ars qui disait : « Faisons-nous des amis dans le ciel ; envoyons de bonnes œuvres devant nous ; invoquons les saints ; n’arrivons pas à la porte de l’éternité les mains vides. »[2]
Dans la suite de la Parabole, Jésus nous parle de la vigilance et nous donne trois clefs pour avancer sur la route :
Vivre La pauvreté évangélique
« Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. » Ce que nous possédons, ce que nous désirons façonne notre cœur. Il s’agit de ne pas laisser notre cœur s’attacher aux richesses de ce monde. Le cœur est le sanctuaire, le lieu de la rencontre avec Dieu. Par la prière, nous pouvons rester en état de veille et laisser Jésus être comme le gardien de notre cœur.
Servir dans la vigilance
« Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître. »[3] Les Chrétiens sont des veilleurs, à l’image de Jésus qui, la ceinture autour des reins, s’est fait le serviteur de tous. Veiller et servir sont deux attitudes chrétiennes qui vont de pair. L’une ne va pas sans l’autre. C’est dans la veille, la prière que nous recevons de Dieu la capacité de servir, de devenir disciples-missionnaires. Le service, la mission nous font toujours retourner à Dieu pour intercéder, prier pour telle personne, louer et remercier le Seigneur. Il est indispensable de revenir à Dieu. C’est un petit exercice que nous pouvons faire au terme de chaque journée. Juste avant de fermer les yeux, je peux relire ma journée et prier pour les personnes que j’ai rencontrées, dire merci au Seigneur pour ce que j’ai vécu… Le Seigneur nous invite à être vigilant dans la communion et dans l’amour. C’est ce que le psaume de ce dimanche nous dit : « Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi. »[4]
Vivre la confiance du Christ qui est sans mesure
Dans l’Evangile, vous avez remarqué que Pierre semble un peu surpris par la parabole de Jésus, et il se demande : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »[5] Jésus répond en reprenant la parabole de l’intendant qui a reçu de son maître la charge de veiller sur le personnel de la maison. Et Jésus conclue cette parabole en disant : « A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »[6] Il va sans dire que ces paroles concernent les responsables des églises et des communautés qui ont reçu la charge de conduire les communautés au nom du Christ Pasteur. Mais je crois que chacun d’entre nous, nous pourrions faire ce travail de relecture.
Dans ma vie chrétienne, qu’ai-je reçu de Dieu ? Qu’est-ce que Dieu m’a offert et confié ? Et qu’ai-je fait de ces dons ? Cet exercice peut nous permettre de vivre dans la reconnaissance et dans la gratitude. Dans ce temps de l’été, la relecture spirituelle peut nous permettre de réaliser que notre vie est dans les mains de Dieu et que sa confiance envers nous est sans mesure. Dieu nous fait tellement confiance, qu’il se donne à nous dans le sacrement de l’eucharistie, où il se livre tout entier pour notre salut.
Frères et sœurs, profitons de ce temps de l’été pour grandir dans la foi, pour retrouver la confiance du Christ sans mesure, pour servir dans la vigilance et la prière.
Je terminerais en vous livrant ces mots du pape François à propos de la prière : « Notre prière doit être courageuse, pas tiède, si nous voulons non seulement obtenir les grâces nécessaires, mais surtout, à travers elle, connaître le Seigneur. Quand on prie, il faut le courage d’avoir confiance dans le fait que le Seigneur nous écoute, le courage de frapper à sa porte. C’est pourquoi quand nous prions courageusement, le Seigneur non seulement nous donne la grâce, mais il se donne aussi à nous, en personne, dans la grâce. Car le Seigneur ne donne jamais ou n’envoie jamais une grâce par la poste : c’est lui qui l’apporte, c’est lui qui est la grâce ! » [7]
Amen.
Père Fabien Le Cam, curé de Torigny et Tessy.
[1] Saint Curé d’Ars.
[2] Saint Curé d’Ars.
[3] Lc 12,35
[4] Ps.32
[5] Lc 12,41
[6] Lc 12,48b
[7] Pape François, homélie Ste Marthe, 10 Octobre 2013.